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Retroid Pocket et AYN Odin : bien configurer sa console rétro Android (2026)

Retroid PocketやAYN Odinの初期設定を紹介する記事のアイキャッチ エミュレーター

Vous venez de recevoir un Retroid Pocket ou un AYN Odin, le carton est ouvert sur la table, et la question est toujours la même : par quoi commencer pour ne pas y passer le week-end ? La réponse courte tient en sept étapes, dans un ordre précis. La réponse longue, celle qui vous évitera de tout recommencer dans trois semaines, occupe le reste de cet article.

Ce guide couvre les deux familles de machines les plus achetées en France dans cette catégorie : les Retroid Pocket (5, 5S, Mini, Flip 2, entre autres) et les AYN Odin (Odin 2, Odin 2 Mini, Odin 2 Portal). Toutes tournent sous Android, mais elles ne se ressemblent pas côté logiciel, et c’est la première source de confusion.

Les Retroid arrivent généralement avec une surcouche maison : un launcher (lanceur) et des outils de gestion des performances préinstallés, donc une machine déjà orientée émulation dès le premier démarrage. Les AYN Odin, eux, sont livrés avec un Android beaucoup plus proche du système brut ; l’essentiel du confort passe par des utilitaires que vous installez vous-même. Si vous avez l’impression que les menus décrits dans un tutoriel ne correspondent pas à votre machine, c’est neuf fois sur dix cette différence-là, et non une erreur de votre part.

En résumé : les sept étapes du premier jour

  1. Charger la console et faire le tour du propriétaire (recherche de défauts) avant de configurer quoi que ce soit.
  2. Préparer la carte microSD sur un ordinateur : format exFAT, et vérification de son authenticité.
  3. Passer l’assistant de démarrage et décider si vous connectez un compte Google.
  4. Faire la mise à jour du firmware (OTA) avant d’installer le moindre émulateur.
  5. Installer RetroArch depuis le site officiel plutôt que depuis le Play Store, pour une raison technique précise.
  6. Régler la manette, les modes de performance et le ventilateur selon ce que vous jouez réellement.
  7. Ajouter un launcher (Daijishō, ES-DE) pour retrouver une expérience « console » à l’allumage.

Cet ordre n’est pas décoratif. Chaque étape dépend de la précédente : une mise à jour de firmware effectuée après avoir tout installé peut réinitialiser des réglages de manette, et une carte microSD reformatée en cours de route casse tous les chemins configurés dans votre launcher. Faites-le dans le désordre et vous referez le travail deux fois.

Où acheter en France, et ce que l’on paie vraiment

C’est le point que les guides anglophones passent sous silence, alors qu’il change tout pour un acheteur français : ces machines sont conçues et vendues depuis la Chine, et le canal par lequel vous achetez détermine à la fois le prix final et vos recours en cas de pépin.

Canal d’achat Ce que vous y gagnez Ce que vous y perdez
Boutique du fabricant (vente directe, expédition depuis la Chine) Catalogue complet, dernières références, coloris et configurations exclusifs, précommandes Délais longs, taxes à l’import à votre charge, service après-vente à distance et retour postal international
AliExpress (boutique officielle, parfois entrepôt européen) Livraison plus rapide si l’article part d’un entrepôt en Europe, taxes souvent déjà incluses au paiement Stock irrégulier, modèles parfois anciens, qualité du suivi très variable d’un vendeur à l’autre
Amazon.fr et revendeurs établis en Europe Interlocuteur soumis au droit français, retour simple, délais courts Offre limitée et souvent en retard d’une ou deux générations, prix nettement plus élevé
Occasion : Leboncoin, Rakuten France, groupes de passionnés Le meilleur rapport prix/performances, machines déjà rodées, parfois avec la carte microSD Garantie réduite, dérive des sticks analogiques invisible sur les photos, aucun recours si le vendeur est un particulier

Pour l’ordre de grandeur : selon le modèle et la configuration mémoire, ces consoles se situent grossièrement entre 200 et 400 € une fois converties et taxes comprises. Les tarifs ont plutôt augmenté au cours de l’été 2026 (coût des composants) et bougent régulièrement, donc considérez ce chiffre comme un repère et non comme un prix. Montants et règles vérifiés le 27 août 2026.

Sur la fiscalité à l’importation, retenez trois choses, en gardant à l’esprit que ce domaine a beaucoup bougé ces derniers mois :

  • La TVA est due dès le premier euro. Il n’existe plus de franchise pour les petits envois depuis juillet 2021. En France métropolitaine, le taux normal est de 20 %, calculé sur la valeur du bien et aussi sur les frais de transport.
  • Le seuil de 150 € pour les droits de douane a disparu. Depuis le 1er juillet 2026, l’Union européenne applique un droit forfaitaire provisoire de 3 € par catégorie d’articles sur les envois n’excédant pas 150 € — un dispositif prévu jusqu’en 2028 en attendant le nouveau système douanier européen. Au-dessus de 150 €, ce sont les droits de douane ordinaires qui s’appliquent, et leur taux dépend de la position tarifaire du produit : ne vous fiez pas à une rumeur de forum, vérifiez dans la base TARIC ou auprès de la douane.
  • La taxe française de 2 € par article sur les envois de 150 € ou moins, entrée en vigueur le 1er mars 2026, a été suspendue au 1er juillet 2026 pour éviter qu’elle ne se cumule avec le droit forfaitaire européen. À la date de vérification de cet article, c’est donc le dispositif européen qui s’applique, et non les deux. Le calendrier a déjà bougé plusieurs fois : vérifiez l’état du droit au moment de votre commande plutôt que de recopier un article daté.

Enfin, si le vendeur ne collecte pas la TVA au moment du paiement, c’est le transporteur qui l’avancera et vous la refacturera, en y ajoutant ses propres frais de dossier. Ces frais varient d’un transporteur à l’autre et représentent une part loin d’être négligeable de la facture sur une machine à 250 €. Un prix affiché « 219 $ » n’est jamais un prix final.

Garantie légale et rétractation : ce qui se passe vraiment quand le vendeur est en Chine

Ce qui suit est une information générale sur le droit français et européen de la consommation, et non un conseil juridique. Pour un litige précis, adressez-vous à une association de consommateurs ou à un professionnel du droit.

Sur le papier, un consommateur français est très bien protégé. En pratique, cette protection se heurte à une question toute bête : comment fait-on valoir ses droits face à une société qui n’a ni bureau ni représentant en Europe ? Voici les deux dispositifs qui vous concernent, et surtout ce qu’ils donnent réellement.

La garantie légale de conformité. L’article L. 217-3 du Code de la consommation impose au vendeur professionnel de livrer un bien conforme et le rend responsable des défauts de conformité qui apparaissent dans un délai de deux ans à compter de la livraison (un an pour un bien d’occasion). Elle est gratuite, ne se négocie pas, et elle ne dépend pas de la « garantie commerciale » d’un an que le fabricant vous annonce dans sa FAQ. Depuis la réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2022, un bien réparé au titre de cette garantie bénéficie en outre d’une extension de six mois (article L. 217-13).

Le droit de rétractation. L’article L. 221-18 vous accorde quatorze jours pour changer d’avis après réception, sans avoir à vous justifier. Trois précisions que l’on oublie souvent :

  • Si le vendeur ne vous a pas informé de ce droit, le délai est prolongé de douze mois (L. 221-20).
  • Le remboursement doit intervenir dans les quatorze jours suivant votre décision, frais de livraison standard compris (L. 221-24).
  • En revanche, les frais de renvoi restent à votre charge sauf si le professionnel a accepté de les prendre en charge ou a omis de vous prévenir (L. 221-23). Sur un colis à renvoyer en Chine avec suivi, c’est précisément là que le mécanisme perd de sa superbe : le port retour peut représenter une fraction très inconfortable du prix de la console.

Ces règles s’appliquent en principe dès lors que le vendeur dirige son activité vers le marché français, quel que soit son pays d’établissement — c’est le principe retenu en droit européen. Le problème n’est donc pas l’existence du droit, mais son exécution. Quelques réflexes utiles avant de cliquer sur « Commander » :

  • Cherchez le « responsable dans l’Union » sur la fiche produit. Depuis l’application du règlement européen sur la sécurité générale des produits (règlement (UE) 2023/988, applicable depuis le 13 décembre 2024), un vendeur établi hors UE doit désigner une personne responsable établie dans l’Union, dont les coordonnées doivent figurer clairement sur l’offre en ligne. Une offre qui n’affiche aucun nom, aucune adresse postale européenne, vous dit beaucoup sur la facilité qu’il y aura à joindre quelqu’un le jour où le stick droit dérive.
  • Le Centre Européen des Consommateurs ne pourra pas vous aider ici. Sa compétence porte sur les litiges avec un professionnel établi dans un autre État de l’Espace économique européen. Un vendeur chinois sort de son périmètre. De même, SignalConso s’adresse aux professionnels établis en France.
  • Payez avec un moyen de paiement qui vous laisse un levier. Une carte bancaire ouvre la possibilité d’une contestation auprès de votre banque, et les intermédiaires de paiement disposent de leurs propres procédures de litige, avec des délais stricts. C’est souvent le recours le plus efficace en pratique, bien avant l’invocation d’un article du Code de la consommation par courriel.
  • Documentez tout dès le premier jour. Une vidéo de déballage en continu, les photos des défauts, le numéro de série lisible : c’est ce qui fait la différence lors d’une procédure de retour (RMA), où l’interlocuteur commencera systématiquement par vous demander des preuves.

Ce n’est pas une raison pour renoncer à l’achat direct — c’est souvent le seul moyen d’obtenir le modèle qui vous intéresse. C’est une raison pour arbitrer en connaissance de cause : payer 40 € de plus chez un revendeur européen, c’est aussi acheter un interlocuteur joignable.

Les vingt premières minutes : la vérification qui n’a lieu qu’une fois

Avant de créer des dossiers et de peaufiner des réglages, faites l’inventaire des défauts. C’est la seule fenêtre pendant laquelle un retour reste simple, et elle se referme vite.

  • Affichage (écran) : affichez successivement une image entièrement blanche, entièrement noire, puis rouge, verte et bleue. Les pixels morts, les pixels bloqués et les fuites de rétroéclairage dans les angles ne se voient que comme ça.
  • Manette : pressez chaque bouton, y compris les gâchettes, en écoutant les retours mécaniques. Un bouton qui accroche au retour ne s’améliorera pas.
  • Sticks analogiques : faites deux tours complets lents sur chaque stick et surveillez la dérive au repos. Une application de test d’entrées le montre plus honnêtement qu’un jeu.
  • Ports et son : chargeur, sortie casque, lecteur de carte, haut-parleurs gauche et droit séparément.

Au passage, une précision sur une croyance tenace : il n’est pas nécessaire de faire une première charge complète pour « calibrer » la batterie. Les accumulateurs lithium-ion actuels sortent d’usine déjà calibrés, ne souffrent pas d’effet mémoire, et une décharge jusqu’à 0 % les fatigue plutôt qu’elle ne les aide. Chargez la console pour avoir de quoi travailler tranquillement, c’est tout. Ce qui compte sur la durée, c’est d’éviter les décharges profondes répétées.

Autre conseil purement pratique : posez le film de protection et les capuchons de sticks maintenant, pas dans deux semaines. Une dalle neuve sortie de son emballage est propre ; après trois soirées de jeu, poser un verre trempé sans emprisonner une poussière relève de l’exploit.


La carte microSD, ce composant que l’on choisit trop vite

Sur ces machines, la carte microSD reste en place en permanence et héberge la quasi-totalité de vos contenus. C’est aussi la première cause de ralentissements inexpliqués. Deux sujets à traiter avant de l’insérer.

Le formatage. Formatez la carte en exFAT depuis un ordinateur avant tout usage. Les cartes fournies dans certains packs arrivent encore en FAT32, qui plafonne la taille d’un fichier unique à 4 Go — un vrai problème dès que vous manipulez des images de disque de grande taille. Faites-le une bonne fois, avant de créer votre arborescence de dossiers.

Les classes de vitesse. Les logos imprimés sur la carte ne mesurent pas la même chose, et c’est là que la plupart des acheteurs se trompent :

  • U3 et V30 garantissent une vitesse d’écriture séquentielle soutenue d’au moins 30 Mo/s. Utile pour copier vos fichiers, mais sans rapport direct avec la fluidité en jeu.
  • A1 et A2 (classes de performance applicative) mesurent les accès aléatoires, exprimés en IOPS : A1 garantit au minimum 1 500 IOPS en lecture et 500 en écriture, A2 monte à 4 000 et 2 000, les deux exigeant par ailleurs au moins 10 Mo/s en écriture soutenue. C’est ce chiffre-là qui compte quand un émulateur charge des textures ou des données en cours de partie.
  • La nuance qui fâche : une carte A2 ne délivre ses performances que si l’hôte prend en charge la file d’attente de commandes (command queuing). Sans ce support, elle se comporte comme une A1. Payer le supplément A2 n’est donc pas une garantie automatique de gain sur toutes les machines.

En pratique, viser une carte de marque en UHS-I U3 / V30 / A2 dans une capacité raisonnable est un meilleur investissement qu’une carte annoncée à 1 To pour 15 €. Ce qui amène au dernier point : testez votre carte avant de la remplir. La contrefaçon la plus répandue consiste à truquer la capacité déclarée, de sorte que la carte accepte les fichiers puis les corrompt silencieusement une fois la vraie capacité dépassée. Des outils de vérification écrivent puis relisent l’intégralité de la carte pour révéler la supercherie : H2testw sous Windows, F3 sous macOS et Linux, ou une application de vérification d’identité de carte sous Android. Le test est long, mais il vous évite de découvrir le problème six mois plus tard, en même temps que la perte de vos sauvegardes.

Premier démarrage : faut-il connecter un compte Google ?

L’assistant de démarrage est celui d’un smartphone Android classique : langue, Wi-Fi, compte Google. La seule vraie décision se prend ici.

Si vous comptez installer des applications depuis le Play Store — un launcher, des outils de gestion, certains émulateurs autonomes — connectez le compte : la gestion des mises à jour sera nettement plus simple. Si vous préférez une machine hors ligne, vous pouvez tout ignorer et installer chaque application manuellement au format APK, mais vous vous engagez alors à suivre les versions vous-même, pour chaque application, indéfiniment. Pour un usage courant, connecter le compte reste l’option la plus reposante.

Un piège fréquent : sur certains modèles, les Google Play services (services Google Play) sont désactivés par défaut pour économiser la batterie. Si une application se comporte bizarrement — connexion impossible, plantage au lancement, notifications absentes — allez vérifier dans Settings (Paramètres) > Apps (Applications) qu’ils sont bien activés avant de chercher plus loin.

La mise à jour du firmware : à faire avant tout le reste

C’est l’étape que l’on saute par impatience et que l’on regrette. Avant d’installer le premier émulateur, vérifiez manuellement si une mise à jour du système est disponible.

Sur les Retroid Pocket, l’outil se trouve en général dans Settings (Paramètres) > System (Système), sous une entrée nommée FOTA ou similaire, avec une fonction de vérification de version. Sur les AYN Odin et selon les générations de firmware, l’intitulé peut être différent, plus proche de l’entrée « System update » standard d’Android. Le nom exact de la rubrique varie selon le modèle et la version installée : si vous ne trouvez pas l’entrée décrite ici, cherchez dans les paramètres système plutôt que d’en conclure qu’il n’y a pas de mise à jour.

Deux précautions avant de lancer l’installation : soyez connecté en Wi-Fi et gardez la console branchée, ou au minimum largement chargée. Une mise à jour interrompue par une batterie vide est le seul scénario où l’on peut vraiment abîmer la machine à ce stade. Ne pressez aucun bouton pendant le redémarrage.

Pourquoi cette priorité ? Parce qu’un firmware ancien produit exactement les symptômes que l’on attribue ensuite à l’émulateur : entrées de manette décalées, défauts d’affichage sur certains cœurs, Wi-Fi capricieux. Mettre à jour d’abord, c’est éliminer une variable avant même de commencer à chercher.

RetroArch : pourquoi le site officiel plutôt que le Play Store

La recommandation circule partout, souvent sans explication. La voici, et elle est purement technique.

Les règles du Google Play Store interdisent à une application de télécharger du code exécutable depuis une source autre que Play. Or, le téléchargeur de cœurs (Core Downloader) de RetroArch fait exactement cela. Conséquence : dans la version du Play Store, le téléchargeur de cœurs ne se connecte plus à l’infrastructure de compilation de libretro ; il propose une liste d’environ 50 cœurs sélectionnés à la main, servis depuis les serveurs de Google. Une variante distincte, publiée sous le nom RetroArch Plus, en propose davantage — de l’ordre de 127 — mais elle est réservée aux appareils 64 bits et reste soumise à la même logique. L’APK distribué sur le site officiel du projet est la version complète : téléchargeur de cœurs relié au buildbot de libretro, sans plafond.

On lit souvent que la version du Store aurait au moins l’avantage des mises à jour automatiques. C’est vrai sur le principe, mais la documentation officielle de libretro la déconseille explicitement et indique qu’elle n’a plus été mise à jour depuis des années, précisément à cause de ces changements de règles. Si vous tenez aux mises à jour automatiques sans passer par le Play Store, le projet publie aussi RetroArch sur F-Droid. Sinon, prenez la version stable du site officiel et suivez les versions vous-même. Voilà la vraie ligne de partage — pas une histoire de version « bridée » contre version « débridée ».

La marche à suivre pour la version officielle :

  1. Téléchargez l’APK stable pour Android depuis le site officiel du projet.
  2. Autorisez l’installation d’applications provenant de cette source dans les paramètres Android.
  3. Installez l’APK.
  4. Au premier lancement, passez par Online Updater (mise à jour en ligne) > Core Downloader et ne téléchargez que les cœurs des systèmes que vous jouez réellement. Installer les cent et quelques cœurs disponibles ne sert à rien et alourdit les menus.
  5. Placez les fichiers BIOS requis par certains cœurs dans le dossier system de RetroArch.

Sur les BIOS, deux règles suffisent. La première : leur emplacement est le dossier system indiqué dans les réglages de répertoires de RetroArch, et les noms de fichiers ne doivent pas être modifiés, car les cœurs les recherchent au nom exact — plusieurs cœurs en réclament d’ailleurs un par région. Un BIOS mal nommé donne un symptôme trompeur : le cœur se lance mais le jeu reste sur un écran noir. La seconde : ces fichiers doivent provenir de vos propres machines. Nous ne donnerons ni source de téléchargement, ni liste de noms de fichiers.

Enfin, sachez que RetroArch ne fait pas tout. Jusqu’à la génération PlayStation, il couvre l’essentiel confortablement ; pour les générations suivantes, notamment la PSP et la PlayStation 2, l’usage courant consiste à passer par des applications autonomes dédiées, dont les réglages spécifiques justifient un article à part entière.

ROM, cartouches et droit français : ce que dit réellement le CPI

Information générale, pas un conseil juridique. Le droit d’auteur appliqué au jeu vidéo est un domaine mouvant : pour une situation précise, consultez un professionnel.

La position de fond de ce site est simple : on émule des jeux que l’on possède, extraits (dumpés) depuis ses propres cartouches et disques. En France, cette position s’appuie sur quelques articles qu’il vaut la peine de connaître, et sur une nuance que la plupart des tutoriels ignorent.

L’exception de copie privée figure à l’article L. 122-5 du Code de la propriété intellectuelle. Elle autorise, sous conditions, les copies réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective. Le point décisif — celui qui règle en une phrase la question des sites de téléchargement — est que la copie doit être réalisée à partir d’une source licite. Une copie obtenue depuis une source contrefaisante ne peut pas se réclamer de l’exception, quelle que soit la sincérité de l’intention. Télécharger la ROM d’un jeu que vous possédez « parce que c’est plus rapide que de le dumper » ne rentre donc pas dans ce cadre.

Les mesures techniques de protection relèvent de l’article L. 331-5 du même code, qui les définit et les protège. Leur contournement est traité à part, avec ses propres sanctions, et l’existence d’une exception au droit d’auteur ne vaut pas autorisation de contourner une protection technique.

La nuance propre au jeu vidéo. En droit français, un jeu vidéo n’est pas assimilé purement et simplement à un logiciel : il est qualifié d’œuvre complexe, chaque composante relevant du régime correspondant à sa nature — la partie logicielle d’un côté, les éléments graphiques, sonores et audiovisuels de l’autre. La Cour de cassation l’a encore rappelé dans un arrêt du 23 octobre 2024. Conséquence concrète : ni le régime de la copie de sauvegarde propre aux logiciels, ni l’exception de copie privée générale ne s’appliquent au jeu vidéo de façon évidente et globale. C’est une zone d’incertitude reconnue par les juristes eux-mêmes, et c’est une raison supplémentaire de rester du côté prudent.

L’autorité compétente est l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique), issue de la fusion du CSA et de la Hadopi au 1er janvier 2022. Si vous lisez encore « Hadopi » dans un tutoriel, c’est que ce tutoriel n’a pas été relu depuis plus de quatre ans.

Vous ne trouverez dans cet article aucun nom de site de ROM, aucune adresse, aucun « je vous laisse chercher ». Ce n’est ni de la pudibonderie ni une clause de style : c’est la condition pour parler d’émulation sérieusement et durablement.

Manette, modes de performance et ventilateur

La manette intégrée est reconnue automatiquement par RetroArch dans la grande majorité des cas. Le réglage qui pose problème est ailleurs : sur plusieurs machines, les gâchettes L2/R2 peuvent fonctionner en mode numérique ou analogique, et le mode actif n’est pas toujours celui que l’application attend. Symptôme typique : dans un jeu de course, l’accélérateur est tout ou rien alors que la gâchette est bel et bien à course longue. Le réglage se trouve du côté du système, via les tuiles de réglages rapides (Quick Settings) ou l’utilitaire fourni par le constructeur, pas dans l’émulateur.

Sur AYN Odin, l’outil de référence de la communauté pour ce genre d’ajustement est OdinTools. Précision importante, car l’information circule mal : il s’agit d’un projet tiers, développé par un membre de la communauté (le développeur langerhans) et distribué en source ouverte, et non d’un utilitaire officiel d’AYN. Il permet notamment des surcharges par application du style de manette, du mode L2/R2, du mode de performance et du mode de ventilation, appliquées et retirées automatiquement selon l’application au premier plan. Son auteur signale lui-même qu’une mise à jour du firmware d’AYN pourrait casser les mécanismes qu’il utilise : c’est excellent, mais gardez en tête que rien ne garantit sa pérennité.

Reste le choix du mode de performance. La tentation est de tout mettre au maximum en permanence ; le résultat est une console tiède, bruyante et vide en trois heures, pour émuler des jeux 8 bits. Un repère raisonnable :

Ce que vous jouez Mode conseillé Pourquoi
NES, Master System, Game Boy, PC Engine, Super Nintendo Économie d’énergie ou équilibré La charge est dérisoire pour ce matériel ; vous gagnez des heures d’autonomie et un silence complet
PlayStation, Saturn, Nintendo 64, Dreamcast Équilibré L’écart ressenti avec le mode performance est minime, et le ventilateur reste discret
PSP en haute résolution, PlayStation 2, GameCube Performance Ces cœurs ont besoin de fréquence pour tenir la cadence d’images sans à-coups

Si votre machine autorise des profils par application, utilisez-les : c’est le meilleur des deux mondes, et cela règle définitivement la question sans y penser à chaque session.

Le launcher, puis les pannes classiques

Une fois les émulateurs, les BIOS et vos fichiers en place, un launcher (frontend) transforme l’objet. Daijishō est le point d’entrée le plus simple : il associe vos dossiers de jeux aux émulateurs correspondants et présente une bibliothèque avec jaquettes. Définissez-le comme application d’accueil par défaut et la console démarre directement sur votre bibliothèque, sans passer par le bureau Android. ES-DE (EmulationStation Desktop Edition) vise plus haut : la configuration initiale demande davantage de patience, mais l’ensemble se maintient très bien dans la durée une fois en place.

Pour finir, les pannes que l’on rencontre tous, et leur cause réelle :

  • RetroArch plante ou ne démarre pas : vérifiez quelle version est installée. Une double installation (Store et APK officiel) coexistant sur la même machine crée des conflits de configuration ; n’en gardez qu’une.
  • La manette ne répond plus : mettez le firmware à jour, puis refaites reconnaître la manette dans les réglages d’entrée (Input) de RetroArch. Cet ordre-là, pas l’inverse.
  • Un seul cœur refuse de fonctionner, ou renvoie une erreur de BIOS : le fichier est mal placé ou mal nommé. Les besoins diffèrent d’un cœur à l’autre, y compris selon la région.
  • Le jeu saccade : regardez d’abord le mode de performance, ensuite seulement la carte microSD. Une carte lente en accès aléatoires produit des micro-saccades régulières, très différentes d’une chute de framerate liée au processeur.
  • Les jeux n’apparaissent pas dans le launcher : dans Daijishō, revoyez la configuration de plateforme, le chemin du dossier et l’association avec l’émulateur. Un dossier renommé ou déplacé suffit à tout casser.
  • Le Wi-Fi décroche : firmware à jour, puis regardez du côté de la box (bande 5 GHz, économie d’énergie). Un aller-retour par le mode avion rétablit souvent la connexion sur le moment.

Une dernière chose. Ne cherchez pas à tout configurer le premier soir. Faites fonctionner RetroArch avec un seul système, celui auquel vous avez vraiment envie de rejouer, et jouez-y une heure. Le launcher, les jaquettes, les shaders et les profils par application viendront tout seuls, et vous les réglerez mieux en sachant ce qui vous manque.

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