Disons-le tout de suite : un code de triche SNES fonctionne quand trois choses sont alignées — le format du code, la version exacte de la ROM et l’activation dans l’émulateur. Si l’un des trois est décalé, vous pouvez saisir le code parfaitement, taper sur Entrée, relancer la partie : il ne se passera absolument rien. Pas de message d’erreur, pas d’avertissement. Le silence.
C’est ce silence qui rend le problème pénible. On a l’impression d’avoir mal tapé, on recommence, on essaie un autre code, on change de site, et on tourne en rond pendant une heure alors que la cause est presque toujours l’une des trois citées plus haut.
Ce guide part de Snes9x sur PC, puis couvre la version Android (Snes9x EX+) et RetroArch. Il contient aussi une section que vous ne trouverez pas dans les tutoriels anglophones : pourquoi les codes diffusés à l’époque en Amérique du Nord n’ont souvent aucun effet sur une cartouche vendue en France. Ce n’est pas un détail : c’est probablement la cause n°1 chez les joueurs francophones qui ont conservé leurs boîtes d’origine.
- Diagnostic en 30 secondes
- Réponse directe selon votre situation
- Les trois causes qui expliquent presque tous les échecs
- Le cas français : pourquoi les codes nord-américains tombent à côté sur nos cartouches
- Game Genie, PAR, « codes de triche » : reconnaître ce qu’on a sous les yeux
- La procédure de saisie correcte dans Snes9x (version PC)
- Saisir un code sur Android (Snes9x EX+)
- Quand ce n’est pas Snes9x : RetroArch, Mesen2 et les autres
- Avant de tricher : protéger vos sauvegardes
- Le confort de jeu passe avant les codes
- Ce que prévoit le droit français
- Questions fréquentes
- En résumé
Diagnostic en 30 secondes
| Symptôme | Cause la plus probable | À faire immédiatement |
|---|---|---|
| Rien ne change du tout | Code ajouté mais non coché, ou jamais validé | Vérifier que la ligne apparaît dans la liste et que la case est cochée |
| Le code s’ajoute mais reste sans effet | Format incompatible (Game Genie / PAR) | Regarder s’il y a un tiret dans le code |
| Écran figé ou graphismes corrompus dès l’activation | Version ou région de ROM différente de celle visée par le code | Vérifier les informations de la ROM avant d’insister |
| Ça marchait hier, la liste est vide aujourd’hui | Fichier .cht désolidarisé après un renommage | Remettre au fichier .cht le nom exact de la ROM |
| Un seul jeu résiste, les autres vont bien | Code écrit pour l’édition nord-américaine | Chercher un code correspondant à votre édition |
Rappel préalable : les ROM utilisées doivent provenir de vos propres cartouches. La section juridique en fin d’article détaille ce que prévoit le droit français.
Réponse directe selon votre situation
| Votre situation | La réponse, sans détour |
|---|---|
| Vous n’avez jamais utilisé de code sur Snes9x | Menu Cheat, coller le code dans la fenêtre de saisie, cliquer sur Add, cocher la case. C’est tout. |
| Vous avez saisi le code et rien ne se passe | Dans l’immense majorité des cas : format, version de ROM, ou case non cochée. |
| Votre code comporte des tirets | C’est du Game Genie. Il agit sur les données de la cartouche, donc il est très sensible à la version. |
| Votre code est une suite de 8 caractères hexadécimaux sans tiret | C’est du PAR (Pro Action Replay). Il agit sur la mémoire vive pendant l’exécution. |
| Le code tient sur plusieurs lignes | Saisir chaque ligne comme une entrée distincte, puis cocher toutes les lignes. |
| Vous jouez sur Android (Snes9x EX+) | Retirer tirets et espaces, une ligne à la fois. L’interface n’est pas celle du PC. |
| Vous utilisez RetroArch | Rien n’est pris en compte tant que vous n’avez pas validé l’application des modifications. |
| Vous tenez à votre sauvegarde | Les jours où vous trichez, privilégiez la sauvegarde instantanée (savestate) à la sauvegarde interne du jeu. |
| Vous jouez au clavier | Une manette change davantage votre confort que n’importe quel code. |
Les trois causes qui expliquent presque tous les échecs
Avant de chercher une explication compliquée, éliminez ces trois-là dans l’ordre. Elles couvrent la quasi-totalité des cas remontés sur les forums francophones.
- Format inadapté — vous mélangez un code Game Genie et un code Pro Action Replay, ou vous recopiez une mise en forme (espaces, tirets) que Snes9x n’interprète pas comme vous le pensez.
- ROM différente — le code a été écrit pour une révision ou une région qui n’est pas la vôtre.
- Activation manquante — le code est dans la liste mais la case n’est pas cochée, ou il n’a jamais été ajouté à la liste.
Cause 1 : le format du code
Sur SNES, deux familles de codes coexistent, et elles ne font pas du tout la même chose.
| Format | Aspect visuel | Ce que le code modifie |
|---|---|---|
| Game Genie | Deux blocs de 4 caractères séparés par un tiret, par exemple DD32-6DAD | Les données lues depuis la cartouche |
| Pro Action Replay (PAR) | 8 caractères hexadécimaux sans tiret, par exemple 7E0F3299 | La mémoire vive de la console pendant l’exécution |
Snes9x accepte les deux dans la même fenêtre, ce qui est pratique mais entretient la confusion : comme l’émulateur ne refuse presque rien, un code mal recopié est simplement ignoré, sans le moindre message. Deux réflexes évitent l’essentiel des échecs à ce stade : saisir le code sans espaces ni tirets superflus, puis valider avec le bouton Add et non en fermant la fenêtre.
Cause 2 : la version et la région de la ROM
C’est la cause la plus frustrante, parce qu’elle donne l’impression que « le code est faux » alors qu’il est parfaitement valide — pour quelqu’un d’autre.
Une même cartouche SNES a pu être fabriquée en plusieurs révisions successives. Un correctif de bug appliqué en cours de production décale des données de quelques octets, et un code Game Genie qui visait une adresse précise tombe alors à côté. Le résultat va du plus discret (aucun effet) au plus spectaculaire : écran qui se corrompt, musique qui se transforme en bruit, machine figée à l’instant précis où l’effet aurait dû se déclencher.
Le cas régional, lui, mérite une section entière, parce qu’en France il ne se limite pas à « PAL contre NTSC ».
Cause 3 : l’activation, la faute la plus banale
- La case est-elle cochée ? Ajouter un code ne l’active pas. Il faut ensuite cocher la ligne correspondante dans la liste.
- Le code est-il vraiment dans la liste ? L’accident classique consiste à taper le code puis à fermer la fenêtre par OK, sans avoir cliqué sur Add. Tout est perdu.
- Le fichier .cht est-il toujours associé à la ROM ? Snes9x enregistre les codes dans un fichier .cht rechargé automatiquement lorsqu’un jeu portant le même nom de fichier est lancé. Renommez ou déplacez la ROM, et la liste revient vide.
Le fameux « ça marchait hier » vient presque toujours d’un rangement de dossier fait entre-temps.
Le cas français : pourquoi les codes nord-américains tombent à côté sur nos cartouches
Voici la partie que les tutoriels traduits de l’anglais passent sous silence, et qui explique beaucoup d’échecs chez les joueurs français, belges et suisses romands. Pour la comprendre, il faut revenir à la manière dont la Super Nintendo a été distribuée chez nous.
Une console adaptée à un pays qui ne diffusait pas comme les autres
La France a longtemps fonctionné en SECAM, alors que le reste de l’Europe de l’Ouest était en PAL. Nintendo n’a pas pour autant fabriqué une « Super Nintendo SECAM » : la machine vendue en France était une console PAL dont le modulateur RF avait été retiré, accompagnée d’un câble péritel RVB. C’était la solution la plus simple, puisque les téléviseurs vendus en France devaient être équipés d’une prise péritel.
Conséquence involontaire et plutôt heureuse : là où beaucoup de joueurs européens branchaient leur console en composite, voire en antenne, le joueur français passait d’office par le RVB. C’est la raison pour laquelle les consoles d’époque en version française sont encore aujourd’hui recherchées par les collectionneurs — elles offraient une image nettement plus propre que la moyenne européenne.
Mais ce détail matériel n’a aucune incidence sur les codes de triche. Ce qui compte, c’est ce qu’il y avait dans la cartouche.
SNSP, FAH, FRA, NOE : l’étiquette dit à quelle édition vous avez affaire
Retournez une boîte SNES européenne d’époque et regardez la référence. Elle commence par SNSP (préfixe des cartouches SNES au format européen) et se termine par un suffixe de trois lettres qui identifie le marché. Quelques-uns que vous croiserez souvent :
| Suffixe | Marché correspondant | Ce que cela implique pour les codes |
|---|---|---|
| FAH | France et Pays-Bas | Édition contenant du texte français ; adresses souvent décalées par rapport à l’édition américaine |
| FRA | France | Même logique, édition destinée au marché français |
| NOE | Marché germanophone | Texte allemand ; encore une autre édition, à ne pas confondre avec la vôtre |
| UKV | Royaume-Uni | Texte anglais, mais édition européenne : ce n’est pas l’édition nord-américaine |
Autrement dit, un même jeu pouvait exister en quatre ou cinq éditions distinctes rien qu’en Europe, sans compter l’édition américaine et l’édition japonaise. Et les listes de codes Game Genie que l’on retrouve encore aujourd’hui en ligne ont, dans leur immense majorité, été établies à l’époque sur l’édition nord-américaine, par une communauté américaine, avec un accessoire vendu principalement aux États-Unis.
Traduire un jeu, c’est déplacer des données
C’est le point clé, et il est intuitif dès qu’on le formule : localiser un jeu en français ne consiste pas seulement à remplacer des mots. Les textes français sont plus longs que les textes anglais — de l’ordre de 20 à 30 % en moyenne — et sur une cartouche à la capacité fixée une fois pour toutes, il faut réorganiser, couper, recaser.
Secret of Mana illustre bien le phénomène. Le jeu est arrivé en Europe à l’hiver 1994 avec une véritable version française, confiée à des traductrices travaillant pour Nintendo France, qui ont joué au jeu pour vérifier la cohérence de leur texte. Mais l’édition occidentale partait déjà d’une version amputée d’une partie des textes japonais, et l’expansion du français a encore contraint le travail. Le résultat : une cartouche française dont l’organisation interne n’a plus rien à voir, octet pour octet, avec la cartouche américaine.
Or un code Game Genie désigne une position précise. Déplacez ce qui s’y trouvait, et le code écrit outre-Atlantique ne modifie plus la valeur attendue : il écrit dans du décor. D’où l’écran qui se corrompt au lieu de vous offrir 99 potions.
Les codes PAR sont, de ce point de vue, un peu moins capricieux, puisqu’ils s’attaquent à la mémoire vive en cours d’exécution plutôt qu’aux données de la cartouche. Attention toutefois à ne pas en faire une règle absolue : selon les jeux, l’emplacement des variables en mémoire varie lui aussi d’une édition à l’autre. Disons simplement que si vos codes PAR passent et que seuls vos codes Game Genie échouent, vous tenez très probablement votre explication.
Comment vérifier rapidement à quelle édition s’adresse un code
Inutile de sortir l’artillerie lourde. Trois réflexes suffisent dans la vie courante :
- Lisez la mention d’origine du code. Les bonnes listes précisent l’édition visée (US, Europe, Japon). Si rien n’est précisé, présumez l’édition nord-américaine.
- Regardez votre cartouche. Le suffixe FAH ou FRA sur l’étiquette vous dit immédiatement que vous n’êtes pas sur l’édition d’origine des codes.
- Consultez les informations de la ROM dans l’émulateur. Snes9x sait afficher des informations sur le fichier chargé ; notez-les une fois pour toutes dans un fichier texte, cela vous évitera de refaire la manipulation à chaque session.
Et si vous ne trouvez décidément pas de code adapté à votre édition française, la solution la plus rapide n’est pas de convertir quoi que ce soit : c’est de chercher un code de l’autre famille (PAR plutôt que Game Genie) pour le même effet.
Game Genie, PAR, « codes de triche » : reconnaître ce qu’on a sous les yeux
En français, on parle indifféremment de « codes de triche » pour désigner les deux familles, ce qui n’aide pas. La distinction est pourtant immédiate à l’œil nu.
Un tiret, c’est du Game Genie ; pas de tiret, c’est du PAR
Un code Game Genie SNES suit le motif XXXX-XXXX. Un code PAR est une suite de 8 caractères hexadécimaux. Dans un code PAR, les 6 premiers caractères désignent l’emplacement mémoire à écraser, les 2 derniers la valeur à y écrire. Un code qui commence par 7E est, dans l’écrasante majorité des cas, un code PAR.
Cette lecture vous permet aussi de fabriquer vos propres codes une fois que vous savez quelle adresse surveiller — mais c’est un autre sujet, et cela suppose de passer par les outils de recherche mémoire.
Convertir un code d’un format à l’autre : n’y comptez pas
La question revient sans arrêt : « existe-t-il un convertisseur Game Genie vers PAR ? » En pratique, non, et pour une raison de fond : les deux formats ne visent pas la même chose. L’un touche aux données de la cartouche, l’autre à la mémoire vive. Il n’existe pas de correspondance mécanique entre les deux.
Si vous ne savez pas de quel format vous disposez, cherchez plutôt un code de l’autre format pour le même effet. C’est plus rapide que n’importe quelle tentative de conversion.
Dernier point qui déroute : après enregistrement, Snes9x peut réafficher un code sous une forme normalisée différente de celle que vous avez collée. Ce n’est pas un dysfonctionnement, et cela n’indique pas que le code a été altéré.
La procédure de saisie correcte dans Snes9x (version PC)
Trois étapes, pas une de plus. Le seul vrai piège se situe avant même la saisie.
Premier piège : ne confondez pas la saisie et la recherche
Le menu Cheat de Snes9x propose des entrées aux intitulés voisins. Selon la version de Snes9x que vous utilisez, les libellés exacts varient, mais la logique reste la même :
- L’entrée à choisir : celle qui mentionne Game Genie, Pro Action Replay Codes (saisie de codes existants).
- L’entrée à éviter : celle qui mentionne Search for New Cheats (recherche de nouveaux codes).
La fonction de recherche (Search) est un outil d’analyse : elle surveille la mémoire du jeu pour vous permettre de créer vous-même vos propres codes. Si vous avez déjà un code sous la main, ce n’est pas là qu’il faut aller. Beaucoup de gens perdent un quart d’heure dans cette fenêtre avant de comprendre qu’ils se sont trompés de porte.
Les trois étapes qui ne pardonnent pas
- Renseignez la description (Description). Techniquement facultatif, pratiquement indispensable : au bout de six codes non nommés, vous ne saurez plus lequel fait quoi. Écrivez « Or au maximum », « Invincibilité », ce que vous voulez, mais écrivez quelque chose.
- Saisissez le code (Cheat Code) dans le champ prévu. Respectez la mise en forme donnée par la source du code, et évitez d’ajouter des espaces de votre cru.
- Cliquez sur Add, puis cochez la case dans la liste. C’est le double verrou : tant que les deux ne sont pas franchis, rien ne se produit dans le jeu.
Ce bouton Add est le responsable numéro un des échecs. Fermer la fenêtre avec OK après avoir tapé le code ne conserve rien.
Pour aller plus vite : éditer le fichier .cht à la main
Si vous devez saisir quinze codes, l’interface graphique devient pénible. Snes9x enregistre les codes dans un fichier portant l’extension .cht, que vous pouvez ouvrir dans un éditeur de texte. Faites une copie de sauvegarde du fichier avant toute modification.
- Lancez le jeu dans Snes9x, enregistrez un seul code par l’interface habituelle, puis quittez. Le fichier .cht est alors créé.
- Ouvrez ce fichier dans un éditeur de texte. Vous y verrez une entrée structurée autour de trois éléments : une description, le code lui-même, et un indicateur d’activation.
- Ajoutez vos entrées suivantes en recopiant exactement la mise en forme des lignes déjà présentes, en incrémentant le numéro d’entrée.
Un point de vigilance : la syntaxe exacte de ce fichier — et notamment la façon dont l’activation est notée — diffère selon les déclinaisons et les versions de Snes9x. Certaines écrivent une valeur numérique, d’autres une valeur booléenne. Ne recopiez pas un exemple trouvé ailleurs : copiez le format de votre propre fichier, celui que l’émulateur vient lui-même de générer. C’est la seule méthode fiable.
Enfin, souvenez-vous que le rattachement se fait par le nom de fichier. Si vous réorganisez votre collection, renommez le .cht en même temps que la ROM.
Saisir un code sur Android (Snes9x EX+)
Sur mobile, la logique est identique mais l’interface n’a rien à voir avec celle du PC. Le principe à retenir : une ligne à la fois, sans tiret ni espace.
- Jeu lancé, ouvrez le menu de l’émulateur et rendez-vous dans la section consacrée aux codes de triche (Cheats).
- Créez une nouvelle entrée et sélectionnez le champ de saisie du code.
- Tapez le code en supprimant tirets et espaces.
- Donnez-lui une description courte pour vous y retrouver ensuite.
- Validez, puis activez l’entrée dans la liste.
L’application n’accepte qu’un code par entrée. Un code de trois lignes se saisit donc en trois entrées distinctes, qu’il faut ensuite toutes activer — le raisonnement vaut aussi pour la version PC. Les libellés précis des menus évoluent d’une version à l’autre ; fiez-vous à la structure décrite ci-dessus plutôt qu’à une capture d’écran figée.
Et si tout est correctement saisi mais que rien ne bouge, revenez à la cause n°2 : c’est la version de la ROM qui est en cause, pas votre téléphone.
Quand ce n’est pas Snes9x : RetroArch, Mesen2 et les autres
Changer d’émulateur ne change pas les causes. On retrouve toujours le trio format / version de ROM / activation. Chaque logiciel ajoute simplement son piège maison.
| Émulateur | Piège spécifique | Où regarder en premier |
|---|---|---|
| RetroArch (cœur Snes9x) | Un code ajouté n’est pas appliqué tant que la validation n’a pas été faite | Le menu rapide, section des codes : chercher l’entrée d’application des modifications (Apply Changes en anglais) |
| RetroArch (autre cœur) | Tous les cœurs ne gèrent pas les mêmes formats de codes | Essayer d’abord les codes de type Game Genie pour la SNES |
| Mesen2 | Interface d’une autre famille que celle de Snes9x | Enregistrer le code dans la liste, puis l’activer explicitement |
| Émulateurs d’autres machines | Les systèmes de codes diffèrent d’une console à l’autre | Vérifier que le code a bien été écrit pour la machine concernée |
Le cas RetroArch mérite d’être souligné, parce que c’est de très loin le plus fréquent : « j’ai ajouté le code, il ne se passe rien » signifie neuf fois sur dix que la validation n’a pas été effectuée. RetroArch associe par ailleurs les fichiers de codes au jeu par le nom de fichier ; là encore, un nom qui ne correspond pas à la ROM empêche le chargement automatique.
Avant de tricher : protéger vos sauvegardes
Utiliser des codes, c’est écrire dans la mémoire d’un programme qui n’a pas été conçu pour ça. Le jeu peut donc se retrouver dans un état que ses développeurs n’ont jamais prévu, ni testé. La règle est donc simple : gardez toujours un moyen de revenir en arrière.
Privilégiez la sauvegarde instantanée (savestate)
Les jours où vous utilisez des codes, évitez de multiplier les sauvegardes internes au jeu (auberge, point de sauvegarde, prêtre du village selon les titres). Utilisez plutôt la sauvegarde instantanée de Snes9x, qui capture l’état complet de la machine à un instant donné.
Pourquoi la sauvegarde interne est plus risquée : si vous écrasez votre sauvegarde alors que le jeu se trouve dans un état incohérent — un drapeau d’événement positionné à tort, une valeur impossible dans un compteur — désactiver le code ensuite ne rétablira rien. L’incohérence est désormais dans le fichier de sauvegarde.
L’incident classique : l’objet reçu avant l’heure
Le scénario type, que beaucoup de joueurs de RPG ont vécu, se déroule ainsi :
- Un code du type « tous les objets » place dans l’inventaire un objet clé lié à un événement de l’histoire.
- Arrivé à la scène concernée, le jeu tente de vous remettre cet objet — et n’y parvient pas, puisque vous l’avez déjà.
- Le drapeau d’événement n’est jamais positionné. Le dialogue tourne en boucle ou la scène ne se déclenche pas. La progression est bloquée.
Ce genre de blocage n’est pas récupérable en désactivant le code. Le seul recours est une sauvegarde antérieure — d’où l’intérêt de la sauvegarde instantanée, et surtout de plusieurs emplacements distincts.
La règle des trois étapes
- Avant d’activer le moindre code, faites une sauvegarde instantanée de l’état sain.
- Pendant l’utilisation des codes, répartissez vos sauvegardes instantanées sur plusieurs emplacements différents, pas toujours le même.
- Ne faites une sauvegarde interne au jeu qu’après avoir désactivé les codes et vérifié que tout se comporte normalement.
Les raccourcis clavier associés aux sauvegardes instantanées dépendent de votre configuration ; considérez toute liste trouvée en ligne comme un exemple de configuration par défaut et vérifiez la vôtre dans les paramètres de touches.
Le confort de jeu passe avant les codes
Une remarque qui n’est pas hors sujet : beaucoup de gens cherchent des codes pour raccourcir des phases répétitives — montée de niveau, farming, allers-retours. Or une bonne part de cette fatigue vient de l’équipement, pas du jeu. Jouer à la Super Nintendo au clavier reste une expérience ingrate, quelle que soit la qualité de l’émulateur.
Le turbo, ou comment supprimer le travail répétitif sans tricher
Une manette dotée d’une fonction turbo (tir automatique) règle une bonne partie du problème sans toucher à la mémoire du jeu :
- Confirmation automatique dans les combats de RPG : le rythme des menus change du tout au tout.
- Shoot’em up : plus besoin de matraquer le bouton de tir.
- Défilement des dialogues nettement accéléré.
Une manette USB filaire correcte avec fonction turbo se trouve couramment entre 20 et 35 € sur Amazon.fr ou Rakuten France (fourchette constatée le 2 septembre 2026, à titre indicatif). C’est un investissement plus rentable qu’une heure passée à chercher un code introuvable.
L’économie mal placée sur la manette
Attention en revanche au premier prix. Sur les modèles très bon marché, la croix directionnelle enregistre régulièrement des diagonales non voulues et les boutons demandent une pression excessive. Dans un jeu de plateforme ou un jeu de combat, c’est rédhibitoire, et l’on finit par racheter une deuxième manette — ce qui coûte plus cher que d’avoir pris la bonne du premier coup.
Retrouver le toucher d’époque
Si votre objectif est de retrouver les sensations de la manette d’origine, plusieurs fabricants proposent aujourd’hui des reproductions au format SNES avec une électronique moderne, filaires ou sans fil. Les points à examiner :
- La croix directionnelle : c’est elle qui fait la différence sur les entrées de commandes précises.
- Le nombre de boutons : des boutons supplémentaires permettent d’assigner l’avance rapide ou les sauvegardes instantanées, très pratique à l’usage.
- La latence : le sans-fil moderne est tout à fait jouable, mais le ressenti dépend de votre environnement radio et de votre écran.
Comptez généralement 45 à 60 € pour ce type de modèle (constaté le 2 septembre 2026). L’occasion reste une option sérieuse : Leboncoin est le principal marché français pour les manettes et les cartouches d’époque, et Rakuten France propose régulièrement du matériel reconditionné.
Enfin, si vous souhaitez extraire vous-même le contenu de vos cartouches, des lecteurs de cartouches (dumpers) compatibles SNES existent dans le commerce européen. Ils demandent un minimum de méthode mais restent accessibles à un particulier soigneux.
Ce que prévoit le droit français
Sujet incontournable dès qu’on parle de ROM, et sur lequel il vaut mieux être précis que militant.
Le code de la propriété intellectuelle prévoit, à l’article L.122-5, une exception de copie privée : l’auteur ne peut pas interdire les copies strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective. C’est ce mécanisme qui est généralement invoqué à propos de la copie de sauvegarde d’un support que l’on possède.
Un point est déterminant et souvent passé sous silence : cette exception est comprise comme supposant une source licite. Autrement dit, elle est mobilisée à propos d’une copie réalisée à partir d’un exemplaire que l’on détient légitimement — et non à partir d’un fichier téléchargé sur un site de diffusion non autorisée. Le téléchargement d’une ROM depuis une telle source ne relève donc pas de cette exception, y compris si vous possédez par ailleurs la cartouche originale. C’est la raison pour laquelle cet article ne mentionne aucun site de ce type, et n’en mentionnera pas.
Second texte à connaître : l’article L.331-5 du même code encadre les mesures techniques de protection. Le contournement d’un dispositif technique destiné à empêcher ou limiter la copie fait l’objet de dispositions spécifiques, distinctes de la question de la copie privée. Les deux sujets sont liés dans les faits mais séparés en droit, et la seule existence de l’exception de copie privée ne suffit pas à autoriser le contournement d’une protection.
Enfin, l’autorité compétente en la matière est aujourd’hui l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique), née le 1er janvier 2022 de la fusion du CSA et de la Hadopi. C’est elle qui a repris les missions de l’ancienne Hadopi, notamment en matière de protection des droits et de régulation des mesures techniques.
Ceci est une information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Le droit de la propriété intellectuelle est technique et son application dépend des circonstances de chaque situation. Pour un cas particulier, consultez un professionnel du droit.
En pratique, la ligne de conduite raisonnable tient en une phrase : travaillez à partir des cartouches que vous possédez, et n’allez pas chercher ailleurs ce que vous avez déjà sur votre étagère.
Questions fréquentes
Mon code tient sur plusieurs lignes. Puis-je tout coller d’un coup ?
Non. Chaque ligne doit faire l’objet d’une entrée distincte, et il faut ensuite activer toutes les entrées. Si une seule ligne reste inactive, l’effet attendu ne se produira pas — ou se produira de travers. La règle vaut sur PC comme sur Android.
Un seul jeu résiste, tous les autres fonctionnent. Pourquoi ?
Version ou édition de la ROM, dans la grande majorité des cas. Vérifiez à quelle édition la source du code fait référence, et regardez le suffixe de votre cartouche : si vous êtes en FAH ou FRA face à un code écrit pour l’édition américaine, vous tenez l’explication.
Le jeu se fige dès que j’active mes codes.
Vous en avez probablement activé trop à la fois. Décochez tout, puis réactivez les codes un par un pour identifier le fautif. Les codes agissant sur les statistiques et ceux agissant sur les événements sont particulièrement susceptibles d’entrer en conflit.
Je ne trouve que des codes présentés comme des « codes de triche », sans précision de format.
Regardez leur forme. Huit caractères hexadécimaux sans tiret : saisissez-les tels quels, ils seront traités comme du PAR. Deux blocs de quatre caractères séparés par un tiret : c’est du Game Genie.
Comment supprimer un code enregistré ?
Décochez la ligne pour le désactiver, supprimez la ligne pour l’effacer définitivement. Pour repartir de zéro sur un jeu, supprimez le fichier .cht correspondant, qui porte le même nom que la ROM.
Quelle version de Snes9x utiliser ?
La dernière version stable proposée sur le site officiel du projet. Les anciennes versions présentent des interfaces de gestion des codes sensiblement différentes, et les captures d’écran des tutoriels ne correspondent alors plus à ce que vous avez sous les yeux.
Existe-t-il des jeux dont je ne trouverai jamais de code adapté à l’édition française ?
Oui, et c’est logique : certains titres majeurs n’ont jamais eu d’édition européenne sur la console. Final Fantasy V est resté exclusif au Japon sur cette machine — l’Europe n’y a eu accès qu’en 2002, via le portage sur une autre console. Dragon Quest VI est dans le même cas : jamais publié en Europe à l’époque, il n’est arrivé chez nous qu’en 2011 avec sa réédition portable. Pour ces titres, les codes que vous trouverez visent nécessairement une autre édition que celles vendues en France, ce qui explique bien des déconvenues.
En résumé
Quand un code reste sans effet dans Snes9x, reprenez ces trois vérifications dans l’ordre :
- Le format : tiret présent (Game Genie) ou absent (PAR) ? Vous n’avez pas mélangé les deux ?
- L’édition de la ROM : le code a-t-il été écrit pour l’édition que vous utilisez ? Sur une cartouche française, un code nord-américain est un candidat évident à l’échec.
- L’activation : le code figure-t-il dans la liste, et la case est-elle cochée ?
Ajoutez-y la précaution qui fait la différence sur la durée : une sauvegarde instantanée avant d’activer quoi que ce soit, et une sauvegarde interne au jeu uniquement quand les codes sont désactivés et que tout se comporte normalement.
Le reste relève du plaisir personnel. Ces jeux ont trente ans, on a moins de temps qu’à l’époque, et il n’y a rien de honteux à s’épargner huit heures de montée de niveau pour enfin voir la fin d’un jeu resté en travers de la gorge depuis 1995.


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